Séries & Cinéma

AMERICAN SATAN : un thriller rock qui a du mal à tenir debout.7 min de lecture

Le thriller américain American Satan, sorti le vendredi 13 octobre dernier dans les salles obscures américaines, est enfin disponible en DVD ainsi que sur les plateformes d’achats telles que Google Play, iTunes ou encore Amazon. Nous l’avons visionné et on vous donne notre avis !

Après avoir abordé sa bande originale signant la rencontre entre le Diable et la musique, on vous parle aujourd’hui du film American Satan en lui-même avec notre chronique sur Dust of Music.

Titre American Satan
Réalisateur  Ash Avildsen
Production   Sumerian Films
Bande originale  Jonathan Davis, Nicholas O’Toole
Date de sortie  2017
Nationalité   American
Durée  111 min

Synopsis

Un groupe de musique composé de jeunes américains et anglais décident de tout lâcher afin de se rendre sur Sunset Strip à Los Angeles afin de réaliser leurs rêves et devenir un célèbre groupe de rock. N’ayant pas d’argent ni d’endroit où vivre, le groupe cohabite dans une camionnette et vit de musique et d’espoir. Profitant de leur faiblesse et de leur immense potentiel, le mystérieux M. Capricorne leur promet la gloire afin de les manipuler et avoir le contrôle sur leur art et leur formation. Rapidement, le succès est bel et bien au rendez-vous et les jeunes musiciens deviennent des stars internationales aux millions de fans. Mais leur musique et leurs actions vont finir par fortement influencer la société où la violence va devenir reine. Cependant, arriveront-ils à reprendre le contrôle sur leur groupe et ainsi leur destinée ?

Un casting composé de rockeurs et de pointures 

Bien entendu pour faire vivre ce thriller musical, il fallait des musiciens voire des rockeurs. Ainsi, c’est le frontman du groupe Black Veil BridesAndy Biersack (Black), qui fut choisi pour jouer le rôle du personnage principal, Johnny Faust. Egalement de la partie, le guitariste du groupe Asking Alexandria Ben Bruce interprète Leo Donovan, lui-même guitariste du groupe des personnages dans le film, The Relentless. On remarque aussi Booboo Stewart, apparu dans la saga Twilight et les deux films The Descendants de Disney, qui interprète Vic Lakota dans le film. Néanmoins, le casting nous surprend avec la présence du grand Malcom McDowell dans le rôle M. Capricorne, qui a joué dans de nombreux films dont le célèbre Orange Mécanique de Stanley Kubrick. Un autre bel acteur a répondu à l’appel American Satan, Mark Boone Junior, qui joue le rôle du producteur de maison de disque Elias. Il a notamment joué pour Christopher Nolan dans les films Memento et Batman Begins. Enfin, la dernière tête qui nous étonne est celle de John Bradley West, qui n’est autre que Samwell Tarly dans la série à succès Game Of Thrones et qui joue ici le rôle du manager du groupe, Ricky Rollins.

Jusqu’où irions-nous pour réaliser nos rêves de gloire et d’argent ?

C‘est la question qui ressort de ce pacte faustien passé par le groupe The Relentless avec M. Capricorne. En effet, le groupe décide d’avoir recours à la brutalité afin de devenir célèbres et le film nous plonge dans le côté dark du rock n’ roll : « Rock n’ roll is where God and the Devil shake hands » en est un chouette motto. On assiste à une descente aux enfers rythmée par le sexe (il y a beaucoup de scènes de sexe dans le film), les drogues et surtout la violence. Néanmoins, comme les personnages avides de gloire, serions-nous prêts à faire tout cela en échange du succès ? Bien que nous pensions parfois à la dystopie, ce genre de comportements a déjà existé et existe toujours dans notre société, ce qui rend la chose sensée. C’est un message intéressant qui étonne et rendu très crédible dans le contexte des jeunes musiciens qui rêvent de devenir des rockstars.

Notre société liée au Diable depuis toujours 

Plutôt intriguant comme concept. En effet, le scénario donne lieu à des clins d’oeil un peu WTF qui démontrent le lien qui existe entre notre société et le Diable lui-même. C’est M. Capricorne qui nous l’explique dans le film, et il clame avoir aidé Steve Jobs à créer Apple avec un premier ordinateur à 666,66 dollars (ce qui est vrai après vérification et assez bizarre). Il assure avoir inspiré Jobs pour le logo en forme de pomme de l’entreprise. Il s’avère dans le film que la pomme n’est autre que la référence au « fruit défendu » qui fut consommé par Adam et Eve bien que sous l’interdiction de Dieu. Après recevoir genre d’information, on pourrait se demander « mais alors, c’est vrai y a un lien spirituel avec la pomme d’Apple ? » Que nenni, rien de tout cela n’est vrai (heureusement ça serait vraiment chaud sinon). Aussi, le weirdo Capricorne avoue avoir écrit le hit Empire State Of Mind de Jay-Z et ajoute à son actif les Rolling Stones qui auraient également passé un pacte avec le Diable d’où leur chanson Sympathy For The Devil. Opter pour ce genre d’intrigue avec des clins d’oeil modernes est ambitieux mais on se demande parfois ce que ça fout là et le tout est un peu bancal.

Un potentiel pas assez exploité

C‘est malheureusement le cas pour American Satan et pourtant il y avait un gros potentiel ! Comme expliqué précédemment, le scénario essaye tant bien que mal de nous embrouiller et transformer le film en un thriller psychologique. L’intention est là mais cela reste très bâclé. Les performances des acteurs/musiciens laissent parfois à désirer et on se demande ce que foutent l’ancienne Miss Monde Olivia Culpo et ancienne mannequin Playboy Denise Richards dans le casting. De plus, les personnages ne sont pas plus poussés que ça, ils n’ont pas vraiment d’histoire alors qu’ils auraient pu être plus complexes à déchiffrer et donc intéressants. Le seul qui intrigue au final est bien entendu M. Capricorne qui est joué par Malcolm McDowell, qu’on a pu voir dans le fameux Orange Mécanique de Stanley Kubrick. Ca relève un peu le niveau ! Enfin, la fin qui nous laisse indéçis : est-ce que le mal a gagné ou n’est-ce que partie remise ? Nous ne sommes pas ici pour vous spoiler néanmoins nous sommes restés sur cette fin qui n’est pas claire et un peu trop superficielle, voir vite faite. C’est dommage !

Une bande originale composée par le chanteur de Korn 

Pour finir sur une note un peu plus positive,  on apprécié beaucoup l’atmosphère très dark qui émane du long-métrage et c’est notamment grâce à sa bande originale, composée par le chanteur du groupe de métal Korn Jonathan Davis, qui sera par ailleurs présent en solo au Hellfest en juin. C’est une vraie symphonie menée par le Diable en personne qui colle parfaitement au long-métrage. Les chansons sont très spirituelles et s’orientent vers un style très rock voir métal. Par ailleurs, il est à souligner que ce n’est pas Andy Biersack, chanteur à la base du groupe Black Veil Brides qui chante sur la bande originale, mais Remington Leith qui est le chanteur du groupe américain Palaye Royale, signé sous le label Sumerian Records. Le tout donne un soundtrack fidèle au film qui ne tombe absolument pas dans le cliché.

American Satan reste un divertissement pas trop mal car on est pris dans la tourmente des musiciens qui ont la merveilleuse idée de passer un pacte avec le Diable : on sait que ce n’est pas de bonne augure et que beaucoup de choses vont se passer. Mais on est loin de l’oeuvre cinématographique de par les lacunes présentes dans le scénario et les performances des acteurs qui ne sont pas top. Néanmoins, l’intrigue est là et le film étudie nos comportements vis à vis de nos croyances qui peuvent fortement nous influencer dans nos agissements.

Pour vous donner une idée du long-métrage, voici son trailer ci-dessous :

Note : 2,5/5
Un thriller au grand potentiel sur le papier mais pas assez exploité.

You Might Also Like

No Comments

Leave a Reply