Wolf Alice à Londres: le groupe de l’année en symbiose avec ses aficionados.6 min de lecture

Wolf Alice à Londres: le groupe de l’année en symbiose avec ses aficionados.6 min de lecture

par Emma

Photos de l’article, credit: Sarah Louise Bennett

Les vents violents et la pluie s’abattent sur Londres depuis maintenant plusieurs jours avec la tempête Eunice. Cependant, depuis maintenant deux soirées, une autre tempête retourne l’Eventim Apollo de Londres. Son prénom ? Alice, ou plutôt, Wolf Alice. En plein tour pour promouvoir leur troisième excellent album Blue Weekend, le groupe natif de Londres s’offre une résidence de 3 concerts à l’Eventim Apollo dans le quartier de Hammersmith. Élu meilleur groupe de l’année aux BRITS 2022, Wolf Alice est sur toutes les lèvres et leur venue dans la ville qui les a vu naitre est un évènement à ne pas rater.

Le commencement par la fin

Le monde s’agglutine dans l’entrée aux airs de Cigale avant de pénétrer dans la salle. La première partie est assurée par Matt Maltese, accompagné d’un batteur et d’un bassiste qui vient apparemment de rejoindre le duo. Le concert débute en douceur avec une musique très infusée des ballades rock des années 70, faisons indéniablement penser aux Beatles, The Smiths ou dans un univers plus récent Oasis. Je découvre agréablement que cet artiste n’est autre que l’auteur de ‘As The World Caves In’, titre repris sur TikTok par Sarah Coltran qui a fait un carton. Pour aller plus loin, cette chanson écrite en 2017 relate l’éventuelle histoire d’un soir entre Donald Trump et Theresa May, passant leurs ultimes moments ensemble avant la fin du monde qui serait provoquée par leurs actions nucléaires. Cette histoire délirante a plus sérieusement inspiré Maltese alors que Theresa May gagnait le vote de renouveler la possession d’arme nucléaire du Royaume-Uni en 2016.

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Sarah Louise Bennett

L’excitation des londoniens

Trêve de politique, revoilà la musique ! Une vingtaine de minutes s’écoule avant que la scène accueille les musiciens de Wolf Alice : Ellie Rowsell, Joel Amey, Joff Odie et Theo Ellis. Le public crie et applaudit les artistes avant de s’égosiller en reconnaissant l’introduction de Smile. Le show débute, les lumières dansantes au rythme puissant de la batterie et la basse de ce single grunge qui donne le ton a ce concert qui s’annonce d’anthologie. L’audience londonienne hurle les paroles avec Ellie Rowsell et je suis une nouvelle fois impressionnée par l’ambiance des concerts à Londres.

En effet, les londoniens savent mettre l’ambiance et cela me rappelle le concert de Sam Fender à Ally Pally dont l’atmosphère était aussi très spéciale (dans le bon sens du terme j’en conviens). Wolf Alice enchaîne leur set en alternant entre des titres de ‘My Love Is Cool’ et ‘Visions of Life’, tous deux nommés au Mercury Prize et tout comme leur petit frère Blue Weekend cette année. Ensuite, c’est au tour de ‘Delicious Things’, mon titre préféré de leur nouvel album. Et tout comme moi, le public reconnaissant l’introduction de la chanson devient excité au possible. Ce titre, si aéré et délicat, plonge l’Eventim Apollo dans un moment hors du temps, comme si le monde flottait autour.

A bas l’artificiel, place à l’éclate

Le groupe joue ensuite ‘Lipstick On The Glass’ tout aussi apprécie par le public qui chante les paroles comme si leur vie en dépendait et en communion avec Ellie Rowsell. La chanteuse est fascinante tant dans la prestance que le chant. Ainsi, nous sommes empêchés de détourner le regard pendant que les titres ‘Planet Hunter’ et ‘Bros’ s’enchainent. C’est très plaisant de voir une femme leader l’un des meilleurs groupes rock du moment ! Elle est d’autant plus surprenante sur ‘Safe From Heartbreak’ lorsqu’elle se met sur un piédestal avec un show lumière aux années 50. Juste un cercle de lumière autour d’elle et les musiciens à ses pieds. Telle une déesse vénérée ! Vient ensuite une autre très bonne chanson de Blue Weekend, ‘How Can I Make It Ok’, qui une nouvelle fois anime l’audience.

Cette chanson à la fois douce et percutante sur la fin fait du bien, surtout avant le titre venant ensuite. Ellie s’avance sur scène : ‘Vous êtes prêts pour celle-ci ?’ On se doute bien que le ‘pire’ est à venir. Ainsi ‘Play The Greatest Hits’ part sur les chapeaux de roue et le public se met à bien pogoter comme il faut. Joel, Theo, Joff et Ellie se défoulent sur la scène et poussent le public a se déchainer dans leur espace.

Ellie Rowsell

Sarah Louise Bennett

Fin de set et encore émouvants

Le calme et la sensualité reprennent le dessus sur les languissants ‘Feeling Myself’ et ‘Silk’. Ces quelques minutes suspendues sont abrégées avec ‘Visions of Life’ qui reviennent donner du rythme au set. Le groupe joue ensuite ‘Moaning Lisa Smile’ puis ‘No Hard Feelings’, nous faisant verser une petite larme. C’est ensuite ‘Giant Peach’ de finir le set principal de cette dernière soirée pour Wolf Alice à l’Eventim Apollo faisant rugir les guitares un semblant de dernière fois.

Les musiciens sortent de scène quelques instants avant de revenir entamer le premier single de Blue Weekend. Le public lève leurs téléphones dans le ciel, pour ‘The Last Man On The Earth’ illuminant la scène. Ellie Rowsell nous chante directement cette triste chanson d’amour et nous transperce le coeur. Voici un aperçu de ce moment :

L’ultime moment est arrivé et le concert se clôture sur ‘Don’t Delete The Kisses’, tube de ‘Visions Of Life’ . Pour une dernière fois, le public se fait un plaisir à hurler les paroles. Le groupe est acclamé, l’ovation du public se déroulant pendant de longues minutes avant qu’il ne quitte la scène. Le groupe ira voguer dans les prochains jours vers d’autres villes du Royaume-Uni et honorer les fans de leur visite. Si vous êtes dans le coin et en attendant leur concert à Paris en novembre, courrez-y !

Setlist

Smile
You’re a Germ
Formidable Cool
Delicious Things
Lipstick on the Glass
Planet Hunter
Bros
Safe From Heartbreak (If You Never Fall in Love)
How Can I Make It OK?
Play the Greatest Hits
Feeling Myself
Silk
Visions of a Life
Moaning Lisa Smile
No Hard Feelings
Giant Peach

Encore:

The Last Man on Earth
Don’t Delete the Kisses

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