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Haux au Point Éphémère : une soirée hors du temps4 min de lecture

Haux est un de ces artistes dont la musique vous permet de vous évader. Aux croisements de la folk, de l’alternative, et d’une électro minimaliste, ses morceaux commencent déjà à intégrer des playlists grand public sur les plateformes de streaming. Nous attendions avec hâte ce concert, et nous n’avons pas été déçus.

Une carrière dans les starting-blocks

Sous son nom de scène Haux, se cache Woodson Black. Artiste aux facettes plurielles, il est photographe, vidéaste, mais aussi musicien. C’est donc à ce côté de son art que nous nous intéressons. Ainsi, du haut de ses 26 ans, il a déjà un bon nombre de disques au compteur. Il nous a expliqué avoir commencé à écrire entre ses 12 et 14 ans, seul. Après des études de business appliqué à la musique, ce n’est pas dans sa Nouvelle Angleterre originelle qu’il a décidé de s’établir, mais en Grande-Bretagne, plus proche du territoire européen.

Haux Point Ephemere Paris Dust of Music

En effet, c’est en Europe que sa carrière a décollé. Haux le confie dans une interview : le Vieux Continent représentait un terreau autrement plus fertile pour permettre à son art de se développer. Mis en avant sur la plateforme iTunes d’Apple, puis inclus dans différentes playlists sur la plateforme Spotify, il a bénéficié d’une belle visibilité. Il confie également avoir entamé une tournée européenne avant même les États-Unis. Belle performance donc. Aux croisements de l’électro, ses textes touchent une corde sensible. Amour, solitude, séparation, émancipation… Autant de thèmes qui permettent à sa musique de résonner en chacun.

Un concert sensible et juste

Annoncé il y a quelques mois déjà, la venue de Haux à Paris se faisait attendre. Il n’en était néanmoins pas à son coup d’essai, et avait déjà fait halte dans la ville des Lumières en octobre, l’an dernier. L’artiste semble donc être un habitué de la route, tandis qu’il continue de sillonner l’Europe, et de rencontrer un public toujours grandissant. Pour preuve, il occupait cette fois-ci le Point Éphémère, d’une capacité bien supérieure. Et il s’est bien accompagné. D’une part, par Rosie Carney, jeune irlandaise dont la musique, également sensible et douce, n’a besoin que d’une guitare et d’une belle voix pour exister. D’autre part, Haux était accompagné de Henry Jamison. À la plume riche et délicate, Rosie et lui ont tous deux délivré des performances touchantes, folk, et véritablement intimistes. La salle, quant à elle, était plongée dans un silence religieux, dévorant chaque syllabe prononcée, chaque note jouée.

Haux Point Ephemere Paris Dust of Music

L‘heure arrive pour Haux. Le public semble mobilisé, et la salle est comble. Les morceaux, arrangés pour mieux correspondre à l’acoustique d’une salle, résonnent. Les premières notes envahissent les lieux. Les basses sont fortes, les rythmes sensiblement plus vifs, et la voix de Woodson toujours aussi particulière, vibrante, et légère. Enveloppée d’échos et d’un reverb puissant, elle se saisit de l’espace, et nous entoure. Très rapidement, nous plongeons dans la chaleur si caractéristique de ses morceaux. Des textes aux allures de souvenir, emprunts d’une nostalgie certaine, et dont le public se délecte. Il chante avec lui, s’engage, profite de ce moments hors du temps.

Une setlist intense

Cette impression de déconnexion totale est soutenue par une scénarisation réussie, mais également par une setlist alternant les chansons plus intenses à celles plus délicates. D’un point de vue photographique, l’impression est parfaite. Les lumières soutiennent les thèmes, parfois bleutées, par moments véritablement chaudes. À d’autres moments, la salle est simplement plongée dans un halo, avec pour seul réconfort, Haux, debout, maître de scène.

Haux Point Ephemere Paris Dust of Music

La setlist, particulièrement longue, a le mérite de combiner des titres plus anciens aux plus récents. Habilement créée, elle permet au jeune chanteur de partager avec son public un catalogue plus que complet, et toujours grandissant. Intense, également, car les chansons ont un fort pouvoir communicatif. Les interprétations que chacun peut ainsi faire des paroles donnent une résonance d’autant plus forte aux morceaux joués. L’artiste entame donc son concert par Cologne, à propos d’une amour perdue, enchaîne sur Alone, puis Arrows… Plus d’une heure durant, l’émotion est palpable.

« When I’m with you, I don’t feel alone. »

On se figure une vaste étendue, où l’on aimerait s’asseoir, contempler Haux chanter encore et encore. Rosie et Henry le rejoignent sur scène. S’en suivent des reprises de Cigarettes After Sex et de Bon Iver, puissantes et fédératrices. Après chaque morceau retentissent des applaudissements toujours plus forts et longs. Mention spéciale pour Touch, titre absolument incroyable, et relativement connu du grand public, dont la représentation était splendide. Je me suis senti pour ainsi dire vidé de toute énergie, mais j’en voulais encore. Un concert aussi esthétique qu’émouvant, pour une excursion hors du temps céleste.

Haux Point Ephemere Paris Dust of Music

Setlist

Something To Remember
Cologne
Alone
Arrows
Seaside
Ricochet
Touch
Caves
Toulouse
K – Cigarettes After Sex (Cover)
Blood Bank – Bon Iver (Cover)
Homegrown
Heartbeat
Sister
The War

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