Exposition Paris – Londres. Music Migrations (1962 – 1989)3 min de lecture

Exposition Paris – Londres. Music Migrations (1962 – 1989)3 min de lecture

par Jennifer

Du 12 Mars 2019 au 5 Janvier 2020 et pour seulement 6€, le Palais de la Porte Dorée qui abrite le musée national de l’Histoire et de l’Immigration, offre à ses visiteurs une superbe exposition pour les mélomanes. J’y suis allée et ça vaut le détour !

Intitulée « Paris – Londres. Music Migrations (1962 – 1989) » , cette exposition retrace trois décennies au cours desquelles, les villes de Paris et de Londres sont devenues des capitales multiculturelles grâce à leurs flux migratoires et les multiples courants musicaux qui y sont liées.

L’été 1962 à l’honneur

Avec un long parcours interactif et plus de 500 objets de collections (photos, vidéos, fanzines, pochettes de disques, instruments, ect…) généreusement prêtés par des anonymes ou des institutions comme le Victoria & Albert Museum de Londres, le musée explore la façon dont les migrants ont influencés la musique des deux côtés de la Manche.

L’été 1962 est choisie comme point de départ. En effet, l’Algérie (alors colonie Française) et la Jamaïque (colonie Britannique) accèdent toutes deux à leur indépendance cette année-là. Pendant ce temps, la Beatlemania et les YéYés sont à leur apogée en Europe. Afin de retranscrire l’ambiance festive propre aux sixties, l’exposition s’ouvre d’ailleurs sur une vidéo projetée en plein écran, montrant de jeunes gens, dans un club Londonien, qui se déchaînent aux sons de Prince Buster. On s’y croirait presque.

La musique, le meilleur moyen d’expression

Le reste du parcours suivant un ordre chronologique revient sur les grands mouvements musicaux marquants des années 70, 80 et 90 tels que le Punk, le Reggae, le Ska ou le Rap tout en mettant l’accent sur la jeunesse immigrée et sa mentalité. Car, pendant toutes ses années, des générations entières issues de l’immigration postcoloniale ont utilisé la musique comme moyen d’expression pour leurs espoirs et leurs revendications.

La lutte contre le racisme en première ligne. Avec des évènements comme le festival de Notting Hill, Rock Against Racism, la Marche de 1983, la musique a permis l’évolution des mentalités. Les deux villes, séparées par la Manche et malgré des cultures différentes, sont très similaires dans leur combat contre le racisme et leurs évolutions sociales et politiques.

Que seraient Paris et Londres sans tous ces musiciens ?

C’est donc une autre facette de l’histoire de ces deux capitales que l’on découvre grâce à Stephane Malfettes, commissaire général de l’exposition. D’ailleurs, cet enrichissement musical « grâce » à cette emprise coloniale est très peu révélé dans les livres d’Histoire. Quel dommage car, comme le montre si bien cette rétrospective, Londres ne serait pas Londres et Paris ne serait pas Paris sans tous ces groupes et musiciens issus de ces populations immigrées et métissées.

En pleine période de crise migratoire et identitaire, et des évènements comme le Brexit en première page des journées, cette exposition vient à point nommé pour remettre une dose d’humanité à ces actualités moroses et ré affirmer une fois de plus que la Musique est un langage universel, source de rassemblement et de partage.

Je vous conseille grandement de ne pas louper cette exposition. Accompagnée d’une playlist très variée, crée uniquement pour l’évènement et parfaite à la situation, nous avons déambulez parmi les installations pendant presque trois heures tout en en prenant plein la vue. J’ai même hâte de pouvoir y retourner !

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