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Sing Street : le petit frère irlandais de Good Morning England.5 min de lecture

On se retrouve pour une nouvelle chronique de film sur Dust of Music qui nous ramène dans l’Irlande des années 80. Sing Street est un film musical à la fois drôle et touchant et on vous le présente aujourd’hui !

Titre Sing Street
Réalisateur  John Carney
Production   Likely Story
Bande originale  Gary Clark
Date de sortie  2016
Nationalité   Irlandaise
Durée  106 min

Synopsis

Dublin, 1985. Conor Lalor, un jeune lycéen de 15 ans, est contraint de changer de lycée car ses parents, touchés par la crise économique, n’ont plus d’argent pour payer ses études. Dans ce nouvel établissement, il subit l’ambiance désastreuse du lycée religieux Synge Street. Inspiré par les groupes mythiques de l’époque tels que The Cure, Duran Duran ou encore A-ha, le jeune garçon forme un groupe de musique avec l’aide de ses nouveaux camarades et de son grand frère Brendan, pour séduire la belle et mystérieuse mannequin Raphina.

Troisième film de l’ancien bassiste John Carney après New York Melody et Once, Sing Street est un feel-good movie musical qui fut présenté notamment aux Sundance Festival et Festival de Deauville. Il a été acclamé pour ses fraîcheur et vivacité qui ont séduit le public.

Une histoire d’amour au background historique et social

L‘histoire d’un jeune adolescent qui monte un groupe de rock pour séduire une jeune femme est bien connue. De plus, la musique au service de l’amour, c’est le romantisme assumé. Avec un pitch si mielleux, on pourrait s’attendre à un film nian-nian à souhait qu’on pourrait regarder lorsque les films de l’après-midi de M6 ne nous enchantent pas (rare est le contraire). Cependant, on se retrouve plongé dans un film d’un optimisme et d’une fraîcheur irrésistibles. On s’attache aux personnages qui vivent une adolescence pleine d’indécisions et rendue compliquée avec le contexte historique de l’Irlande bouleversée par la crise économique et son brain drain (ndlr: fuite des jeunes irlandais vers d’autres pays pour aller chercher des opportunités de travail et d’études). L’ambiance de Sing Street se rapproche du film Good Morning England de Richard Curtis avec non seulement le contexte social et historique qui enveloppe le film mais également l’excellente bande originale qui fait honneur aux années 80 et à la new wave.

Immersion dans l’univers rock

Pour habiller ce scénario plutôt basique mais efficace, John Carney a fait appel à Gary Clark, frontman du groupe de pop écossais Danny Wilson pour l’aider à élaborer une bande originale en hommage aux années 80. Le réalisateur musicien (ou le musicien réalisateur qui marche aussi), a décidé de ne pas avoir recours à des compositions originales (ce qui fut le cas pour ses deux premiers films), mais d’utiliser des titres connus de groupes rock et new-wave de l’époque. Ainsi, on voit défiler de nombreux artistes et groupes pour la plupart issus de l’émission musicale de l’époque Top Of The Pops, comme The Cure, Duran Duran, A-ha, David Bowie mais également des artistes additionnels avec The Clash, Motörhead ou encore The Jam, dont la musique se greffe à l’univers de Sing Street ainsi qu’aux différentes thématiques abordées dans le film qui relèvent de la période d’adolescence majoritairement.

La musique comme outil de construction personnelle 

La musique joue un rôle prépondérant dans le film car elle est à la fois un moyen de séduction pour le jeune Conor qui souhaite conquérir Raphina mais également celui d’une construction personnelle. Dans le film, on assiste au développement de jeunes adolescents qui sont encore en pleine recherche d’eux-mêmes notamment dans le style vestimentaire. On verra défiler dans le film le gothique de The Cure, l’excentricité du personnage de Ziggy Stardust mis en scène par David Bowie, ou encore le style posh à la Spandau Ballet. Cette évolution dans les vêtements est associée également à celle musicale qui encercle les personnages notamment Conor, qui lui devient une véritable représentation de la musique populaire des années 80-90 en Grande Bretagne.

Le personnage attachant de Conor Lalor

On parlait tout juste de développement personnel et celui qu’on observe durant tout le film est celui de Conor Lalor, le personnage principal. Contraint de changer de lycée car ses parents n’ont plus de quoi assurer un lycée privé, le jeune garçon se retrouve piégé dans l’institution religieuse Synge Street où notamment le directeur Père Baxter et la brute Barry lui font vivre un enfer. En addition, il est profondément épris de la mystérieuse Raphina qui habite juste en face du lycée. A travers le film, on le voit évoluer à travers des situations peu commodes comme le bullying, le divorce de ses parents, ou encore le premier amour. On s’attache rapidement à ce personnage dans lequel la plupart d’entre nous se retrouve et dont on souhaite l’envol. Un autre point appréciable est la relation qu’il entretient avec son frère Brendan, un étudiant aux ambitions envolées et passées qui souhaite la réussite de son frangin. Par ailleurs, c’est lui qui apprendra la musique à Conor et lui fera découvrir les différents artistes et groupes qui rythmeront la vie du jeune homme.

On se retrouve à Sing Street 

Sing Street est un film drôle et tonique qui nous touche en plein coeur. Les personnages sont touchants et nous font revivre la période étonnante qu’est l’adolescence dans le contexte social et difficile de l’Irlande de l’époque. On replonge avec plaisir dans les années 80-90 qui ont vu passer de très bons groupes et artistes à leur apogée dont la musique ne prend pas une ride aujourd’hui. Si vous avez aimé le déjanté Good Morning England, il est certain que Sing Street vous plaira.

Vous pouvez retrouver la bande annonce juste ici :

Note : 4/5
Un film musical rafraîchissant qui se rapproche de son aîné Good Morning England.

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