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Le nouvel opus très attendu de London Grammar.5 min de lecture

Quatre ans après If You Wait, London Grammar revient avec Truth Is A Beautiful Thing. Cet album annoncé de manière assez surprenante en début d’année était très attendu à la rédaction. On a écouté, on vous en parle dans l’article ci-dessous.

London Grammar, de retour après 4 ans d’absence  

Ils avaient déjà placé la barre très haut avec If You Wait et avait fait sensation sur nos ondes. S’en est suivi une longue pause de quatre ans néanmoins rythmée par des concerts aux quatre coins du monde. Pour notre plus grand plaisir, elle fut stoppée en ce début d’année lorsque le groupe a dévoilé de nouveaux extraits annonciateurs d’un nouvel album. Il va sans dire que London Grammar se prête à un exercice périlleux. En effet, il est toujours délicat de proposer un nouvel opus après un premier très acclamé par le public et la critique. Les musiciens de Nottingham ont pris leur temps pour peaufiner les dix-huit titres (rien que ça !) de ce nouvel opus, qui s’avère être davantage équilibré et rythmique.

Une musicalité plus affinée

De son côté, la musicalité reste dans la lignée de If You Wait : une synthpop éthérée discrète et complexe. Un peu répétitive parfois, elle reste néanmoins éblouissante en partie due aux vocalises de la chanteuse, qui ne cesse d’impressionner tout au long des cinquante-deux minutes de ce second opus. Cependant, la musique du groupe semble plus affinée, accompagnant avec légèreté les variations de la chanteuse. Hannah Reid, Daniel Rythmant et Dominic « Dot » Major sont passionnés et confirment leur talent emblématique et artistique à travers quelques innovations et expérimentations.  C’est également une structure semblable bien qu’efficace que l’on retrouve sur la plupart des dix-huit titres contenant l’album.

Chant et musique en symbiose

Dans leur premier opus If You Wait, London Grammar nous faisait découvrir leur musique sombre et minimaliste ainsi que la puissante voix de Hannah Reid, si singulière et envoûtante. Force majeure du groupe, le chant était toujours au premier plan et la musique des deux musiciens un peu plus en retrait. Bien que nous retrouvons quelques chansons qui suivent cet agencement, certains titres sont au contraire davantage équilibrés et la musique regagne sa place (Big Picture, Bones of Ribbons, Oh Woman Oh Man). Hannah Reid continue d’exceller dans l’exercice d’alterner notes graves et claires et nous offre de merveilleuses vocalises, parfois surprenantes et qui nous plonge dans un monde comme parallèle et irréel (Rooting For You, Wild Eyed, Truth Is A Beautiful Thing). 

La chanteuse tente également des vocalises plus cassées qui surprennent (What A Day)Un morceau retient tout particulièrement notre attention, Hell To The Liars, un morceau très acclamé lors des récentes performances des trois anglais. Nous sommes plongés dans une montée en puissance sur plusieurs minutes durant lesquelles la chanteuse chante sa colère, avant d’atteindre une explosion musicale et une envolée lyrique de la chanteuse. Un titre surprenant et épique qui dévoile une facette du groupe jamais entendue auparavant.

Du rythme et de l’expérimentation

Autre caractéristique de cet opus, le groupe tente de nouvelles approches au niveau du rythme avec une guitare plus froide et des notes saccadées, on fait également la connaissance d’un synthétiseur assez électro dans son utilisation. Nous avons également davantage de batterie qui est parfois remplacée parfois par la boîte à rythme. Dans cet opus, les anglais de London Grammar affirment leur style, certes plus mature que précédemment, mais toujours aussi prenant et efficace. Observé sur l’album mais également sur scène, le groupe s’initié à la boîte à rythme et incorpore davantage de batterie dans sa musique (Everyone Else, Non BelieverWho Am I, Different Breeds et Leave The War With Me). Un titre que l’on retient également est Control où le groupe expérimente et crée un contraste entre cette musique qui est plus électronique grâce au synthétiseur, et la voix toujours réverbérée de la chanteuse. La boîte à rythme accompagne le tout avec un beat plutôt hip hop, ce qui rend le titre intriguant.

Enfin, l’album se conclut de manière surprenante par trois démos : Trials, May The Best ainsi qu’une du tout premier titre de celui-ci, Rooting For You. Le titre final est une cover live de Bittersweet Symphony, le titre mythique du groupe The Verve. Une version piano/voix avec la voix toujours aussi réverbérée de Hannah Reid.

Un bel exercice moins surprenant qu’If You Wait 

Quatre ans après le très bon If You Wait, on attendait le trio London Grammar « au tournant ». Avec Truth Is A Beautiful Thing, les anglais restent dans la même lignée musicalement, et ont repris là où ils s’étaient arrêté. Le groupe ne prend pas beaucoup de risques mais expérimente une nouvelle facette de leur musique avec plus de rythme et d’électronique, ce qui différencie de celle que nous avons entendu dans l’album précédent. Ce qui est assez dommage, c’est que cet opus ne surprend pas autant qu’If You Wait et n’aura clairement pas la même aura. Pour les avoir vu récemment en concert exclusif à la American Cathedral de Paris en avril dernier, nous nous sommes tout de même pris une claque phénoménale. La technique est toujours là, la performance et le songwriting sont intacts. Les anglais de London Grammar confirment leur talent avec un savoir-faire qui leur est propre, et cela est indéniable.

Tracklist

Rooting For You
Big Picture
Wild Eyed
Oh Woman Oh Man
Hell To The Liars 
Everyone Else
Non Believer
Bones Of Ribbons
Who Am I
Leave The War With Me
Truth Is A Beautiful Thing
What A Day
Different Breeds
Control
Trials – Demo
May The Best – Demo
Rooting For You – Demo
Bittersweet Symphony – Live at Maida Vale

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