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Tusks au Olympic Café à Paris : une grande première4 min de lecture

Tusks est une artiste que j’apprécie pour sa voix, son style, et la tendre atmosphère dans laquelle vous plonge sa musique. Elle était lundi dernier de retour dans la capitale, pour son troisième show de l’année ici. À une exception près : pour la première fois, elle était en tête d’affiche. Retour sur une grande première pour la chanteuse.

Dissolve, le premier LP

Nous avions découvert Tusks pour la première fois lors de son passage à Paris en février dernier. Elle ouvrait alors, conjointement avec Ben Hobbs, le concert du groupe Alpines. Nous avions été frappés alors de la romance qui se dégageait de ses morceaux, mais également par la force de ceux-ci. Des riffs, de la batterie, soutenus par un clavier omniprésent, et une voix légère, gravissant les aigus pour redescendre dans les médiums avec une aisance déconcertante.

De l’eau a coulé sous les ponts, entre temps. Tusks a publié son premier LP, intitulé Dissolve. Les textes sont purs et directs, les sons semblent tourmentés, et nous sommes conquis. C’est donc dans le cadre de la sortie de son album, qui est une étape importante pour chaque artiste, qu’elle s’était mise en route à travers l’Europe. Elle a notamment marqué un arrêt à l’Olympic Café pour clôturer sa route, et nous y étions.

Arrivé à l’Olympic Café, je suis surpris : le lieu est calme. Nous sommes une quinzaine, tout au plus. Tusks est assiste au fond, dîne tranquillement. Elle discute avec son équipe, ses amis. Pendant ce temps, je sirote une bière, et vois petit à petit les présents se diriger vers le sous-sol du café. Il est bientôt l’heure ! Nous nous dirigeons donc tous vers la scène, déjà bien chargée. En première partie est annoncé Michael Wookey, un britannique de Southampton.

Une première partie bon enfant

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Le show commence : Michael est seul. La scène est jonchée de tout un tas d’objets aussi incongrus qu’intéressants, voire drôles : un microphone semblant tout droit sorti des années 1950, un synthétiseur, un petit orgue de Barbarie, des chaînes, un banjo, une guitare, ainsi qu’un tout petit piano en bois. L’ambiance est bon enfant. Nous sommes curieux. Michael passe de chansons folk jouées à la guitare sèche à des sons plus expérimentaux et étoffés. Nous sommes transportés dans son univers sombre. Un piano, plus loin dans la pièce, lui suffit : il s’y assoit, nous chante un morceau en a cappella, pour reprendre une chanson d’esclaves plus tard. Assis, debout, en musique ou à la voix seule, la soirée est extrêmement intime, et permet dès lors de sortir des rangs. Michael Wookey a déjà sorti 4 albums, et il me tarde de tous pouvoir les écouter !

Un univers intriguant

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Arrive le moment pour la jeune londonienne de faire son entrée sur scène : elle semble entourée d’amis venus la soutenir. Elle était la veille à Amsterdam, et conclut donc sa petite tournée à Paris. Comme en février, elle est accompagnée d’une boîte à rythmes, d’un synthétiseur, et de ses guitares. Je me rends compte, à l’entendre chanter, qu’elle n’en est pas à son coup d’essai. Le tout est maîtrisé, elle connaît sa voix, sa puissance et sa zone de confort. Fidèle aux enregistrements que nous connaissons, et dont elle nous a fait part sur son album, sa musique fait la part-belle aux échos, réverbérations et chœurs. L’univers de Dissolve est sombre, amoureux, tourmenté. Et pourtant si fragile. L’artiste semble se livrer à cœur ouvert, pour notre plus grand bonheur. Nous sommes conquis.

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Tusks assure ainsi le show pendant une bonne heure. Nous pourrions qualifier le tout de « moody« . On s’imagine ainsi très bien écouter l’album par un jour de pluie, un chocolat chaud à la main, regardant les gouttes tomber sur les carreaux. Le nouvel album est bien représenté : For You, False, Dissolve, Paris, London ThunderTusks manie le tout à la perfection. Les titres phares de l’album sont superbement interprétés, et nous sommes ravis. Il nous tarde d’entendre plus de morceaux d’elle. Nous passons un excellent moment, puis allons la saluer et féliciter à la fin du show.

Je vous recommande chaudement d’aller écouter Dissolve, un album puissant, brut de décoffrage, puissant, et intriguant. Tusks est à suivre, cela ne fait pas de doute.

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