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St. Vincent au Trianon de Paris : comme une horloge3 min de lecture

St. Vincent était de passage dans la ville Lumière il y a une semaine pour un concert au Trianon de Paris. Une salle mythique, pour un concert qui soufflait le chaud et le froid. Nous y étions, nous vous expliquons.

St. Vincent au Trianon

Son album à peine sorti, Masseduction était passé en revue chez Dust of Music, et nous avait fait craquer. En effet, des sons électro, aux allures rock, et à l’esthétique dérangée, c’était un beau 5/5. Nous étions tout naturellement euphoriques à l’idée de voir la belle Annie Clark en live. La promesse était grande : elle a pour habitude de se présenter seule sur scène, accompagnée de sa guitare. Et c’est tout. Ainsi nous dirigeons nous vers le Trianon, une salle mythique, où l’ambiance est comme à l’accoutumée enfumée. Aux décors boisés et aux balcons bondés, c’est dans une ambiance XIXème siècle que la belle s’apprête à livrer son spectacle.

La file est dense, le public de tous âges. Étonnant, vu le style de sa musique. Mais la curiosité est un trait qui nous plaît. Je consulte rapidement la setlist, et elle est tout aussi étonnante. Apparemment, St. Vincent va scinder son concert en deux parties : une première mêlant ses précédents opus, une entracte, ainsi qu’une seconde partie reprenant quasiment tous les titres de Masseduction. Pourquoi pas.

Des parties asymétriques

En effet, il ne s’agissait pas d’un 50/50 justement réparti, mais plutôt d’un 30/70. La première partie est plutôt courte, le public timide. Malgré un accueil extrêmement chaleureux, les quelques morceaux piochés de-ci de-là ne convainquent que peu. À la guitare, sa voix puissante est maîtrisée : Annie Clark a rôdé son show, à l’américaine. Pas de place à la folie, il faut faire le show ! Les applaudissements sont à l’image de ses performances : plus de forme que de fond. Oui, nous sommes contents d’être à Paris. Oui, nous sommes contents d’être là.

Heureusement, et je tiens à le préciser : St. Vincent excelle. De sa présence sur scène à sa voix, en passant par son langage corporel, tout est parfait. Et St. Vincent est multi-talentueuse. Les lumières s’éteignent pour laisser place à l’entracte : elle est réalisatrice. Elle diffuse, vingt minutes durant, un extrait du film qu’elle a produit et réalisé. Un superbe thriller fantasmagorique, que vous pouvez aller voir sur Netflix. On découvre ainsi une énième facette de la chanteuse, qui surprend. Le public apprécie, et attend avec hâte la prochaine partie. Intitulé XX, il a fait un carton.

Le Trianon enflammée

Les rideaux s’ouvrent lentement, et dévoilent une St. Vincent époustouflante. Belle, tout de brillant vêtue, elle joue ses premières notes. Il n’en fallait pas plus pour que le Trianon s’enflamme. Son dernier album est une machine à tubes, et un hymne à la danse. Seule sur son estrade lumineuse, elle donne tout ce qu’elle a. La foule entre en délire. Mais, comme sur son album, le rythme est rapidement cassé par l’interprétation, superbe cela dit, de Happy New Year Johnny.

Les interactions sont rares, mais semblent sincères. Comme en première partie, nous sommes contents et chanceux d’être à Paris, elle aussi. Nous dansons, et passons un excellent moment. Les curieux se sont laissés prendre au jeu, les fans entonnent avec plaisir les paroles tour-à-tour joyeuses, tristes et revendicatrices. Mais le tout est sans grain de folie : la setlist est la même que l’album. Enfin, le final est spectaculaire, la voix d’Annie gravissant les tons sans soucis, nous narguant presque, pour redescendre dans les rauques au superbe Smoking Section. Bref, un concert qui brille, mais n’aveugle pas.

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