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Masseduction de St. Vincent : une force éclectique4 min de lecture

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St. Vincent revient de loin : après un album absolument épatant, et différent, elle nous revient avec Masseduction. St. Vincent se présente donc avec un opus résolument déluré, où se mêlent expérimentations musicales et vocales. Aux croisements de l’électronique, du rock, et de l’expérimental, nous faisons face à un album puissant, et hypnotisant.

Date de parution 13 octobre 2017
Genre Alternative
Label Caroline Records
Titres (Durée) 13 (41:36 min)

 Masseduction, ou la renaissance

St. Vincent est une artiste américaine encore peu connue chez nous. Et pourtant, son album précédent, sobrement intitulé St. Vincent, avait fait grand bruit. Cette artiste est connue pour ses rythmes frénétiques, l’énergie que dégagent ses morceaux, et ses expérimentations musicales. Masseduction est ce que j’appellerai une renaissance, voire une réinvention dans la continuité. Fidèle à son style éclectique, la chanteuse-musicienne nous livre ce qui s’avère être un délice. Masseduction ne réinvente pas la roue, mais incarne ce que nous aimons voir chez un artiste : un album qui apporte du sang neuf à une discographie excentrique, des morceaux dont on ne se lasse pas, et une touche de folie qui rafraîchit tout à coup une bibliothèque musicale entière.

Aux influences rock, aux touches d’électro, et aux chœurs puissants, Masseduction est à la fois ce que chaque artiste aimerait sortir, et ce à quoi il devrait aspirer. À la croisée des mondes : voilà comment qualifier le retour sur scène de St. Vincent. L’artiste n’aura ménagé pour la réalisation de cet opus ni sa voix, ni ses musiciens. Les genres se côtoient, cohabitent et forment une unité surprenante.

 

Un cocktail musical détonnant

Des riffs puissants, électrisants, aux échos perdus, à la voix perchée dont elle fait part dans certains morceaux, St. Vincent sert un doux cocktail, dont chaque note révèle une saveur que nous n’attendions pas. Tandis que l’album démarre sur les chapeaux de roues avec les superbes Pills et Masseduction, la chanteuse enchaîne les rythmes, nous apporte un Los Ageless déroutant, mais si énergique, qu’on en oublie pourquoi on danse si lascivement. La voix est éreintée, les riffs s’enflamment, tandis que les guitares chantent encore, et que le refrain nous perd dans un tourbillon d’échos. Nous sommes emportés.

La rupture se fait avec Happy Birthday Johnny, qui arrive malheureusement comme un cheveu sur la soupe. Aussi beaux soient les textes, une dynamique s’était installée, et s’interrompt en plein vol. Un suspens aérien qui, si isolé du reste de l’album, représente vraiment un point d’orgue de l’opus. Lui avoir octroyé cette position dans la playlist nous laisse simplement l’impression que nous assistons à une soirée interrompue trop brusquement.

 

Une voix délicate et forte

Mais la fête reprend aussi vite. Les chœurs de Savior nous rappellent pourquoi St. Vincent a si rapidement gagné de la visibilité à l’international. Son style, sa voix lascive, et ses rythmes hypnotiques vous transportent, vous donnent envie de contempler simplement les étoiles, et de fermer les yeux. Les riffs soutiennent tendrement une voix aérienne, mais puissante. Autant de raisons de se laisser bercer, et d’enchaîner sur New-York. Aux semblants d’ode, Annie Clark chante, récite et inspire. Fear The Future est à l’image de cette expérimentation : sa voix s’enflamme, les guitares aussi.

Au service d’une voix forte, vient une esthétique. Slow Disco et Smoking Section sont la superbe clôture d’un album tout feu, tout flamme. Au piano, une voix éreintée, presque usée, nous chante ce qui semble être le souvenir d’une vie passée, un mirage. St. Vincent a pour moi réussi son pari : me faire voyager, sans jamais me dire qu’un morceau est moins bon. Ils excellent, chacun à leur manière. Quelle que soit la saison, l’humeur ou l’envie, un morceau répond à vos attentes. Sorti il y a quelques jours, il tourne en boucle. Un tour de force, pour une artiste qui joue dans la surprise permanente.

 

Tracklist

Hang On Me
Pills
Masseduction
Sugarboy
Los Ageless
Happy Birthday, Johnny
Savior
New York
Fear The Future
Young Lover
Dancing With A Ghost
Slow Disco
Smoking Section

Note : 5/5
Un retour sur scène en beauté pour une artiste que j’apprécie,
et qui a su surprendre, après avoir placé la barre très haut.


 

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