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Interview avec Sofi Tukker : de l’adrénaline et de la passion

Sofi Tukker est actuellement en pleine tournée promotionnelle et musicale à travers l’Europe, et jouit d’une popularité toujours plus forte. C’est à l’occasion de leur passage à Paris que nous avons eu l’occasion de les rencontrer. Nous avons parlé passion, musique, rencontres, mais aussi vie privée et avenir.

Sofi Tukker, encore une fois

Notre rencontre est prévue en plein cœur du 9eme arrondissement de Paris, près de la jolie église Notre-Dame-de-Lorette. Le soleil est au beau fixe, les rues sont calmes. Un vendredi, en plein milieu d’après-midi, je me balade, et j’ai plein de questions en tête. Je vous avais parlé de ce groupe dans un article découverte il y a quelques temps déjà, et voir quels sommets ils ont atteints me donne le tournis.

Arrivé sur place, Sophie et Tucker, de leurs vrais noms, sont accoudés à une table. Ils semblent tous deux fatigués, et sont accompagnés de leurs managers, qui auront fait la route avec eux. Après avoir sillonné l’Europe, et les États-Unis, leur pause à Paris sera de bien courte durée : arrivés la veille, ils repartent le soir-même en avion. Nous discutons un peu, notamment de leur dernier passage à Paris. Le souvenir n’était pas radieux, c’était le soir de l’élection de Donald Trump, le moral était au plus bas, et les deux membres avaient les larmes aux yeux lorsqu’ils s’adressaient à nous, au Pop-Up du Label. Notre discussion ci-dessous.

Sofi Tukker, la rencontre

Taha : Vous venez de sortir de nouvelles chansons, entre novembre et aujourd’hui, avec Energia, et Best Friend, qui a eu une énorme publicité grâce à Apple. La route a été longue, depuis les petites salles jusqu’aux festivals. Comment vous sentez-vous vis-à-vis de cela ?

Sophie : Honnêtement, on est vraiment reconnaissants. Nous faisons tous deux ce que nous aimons, et nous avons l’opportunité de le faire à plus grande échelle, aujourd’hui. C’est vraiment fun, on a la chance de pouvoir amener nos amis en tournée avec nous. On commence demain, à Dublin, et on se sent très humbles d’avoir cette occasion.

Taha : Félicitations pour le chemin parcouru ! Vous avez aussi eu l’occasion de faire des shows télévisés, dont Jimmy Kimmel, aux États-Unis. C’est énorme, et prouve un intérêt du public pour votre musique. Quel était votre état d’esprit, lorsque vous vous êtes lancés dans la musique ? Est-ce que vous vous attendiez à avoir une popularité aussi importante ?

Sophie : Je pense que nous croyons en nous-mêmes. Mais je pense aussi que nous n’avions aucune idée de ce dans quoi nous nous étions lancés, et de ce qui était possible. Nous faisions simplement de la musique qui nous plaisait, et c’est tout.

Tucker : Je pense que nous sentions avoir quelque chose de spécial à offrir au public, et c’est pour ça que nous nous sommes lancés. Nous avons pris ce risque, après avoir été diplômés, mais nous n’avions pas vu venir beaucoup de choses ! Un grand nombre d’entre elles se sont produites avant même que nous puissions nous en rendre compte, et ont été choquantes, mais excitantes. Une fois dans le rush, tu ne t’aperçois pas tant que ça de ce qui t’environne. Mais ça te rend humble.

Taha : Et vous pensez que vous pourriez revenir à une vie plus « normale », après avoir tant voyagé et vous être autant amusés ?

Sophie : Honnêtement, ce serait une transition difficile. Nous nous sommes habitués à ce train de vie. J’ose espérer que ça ne se produira pas, j’ai envie de continuer à produire de la musique et aller en tournée autant que possible. Nous sommes de manière générale des personnes joyeuses et déterminées.

Tucker : Je n’ai même pas envisagé l’option, pour l’instant ! [Rires] Et je ne compte pas y retourner ! Je pense que nous y arriverions tous deux sans soucis, si nous étions amenés à ne plus pouvoir être en tournée. Mais je pense que nous avons, sans vouloir être niais, trouvé une vraie vocation, à rencontrer des gens, et leur communiquer de la joie et de l’énergie. C’est sans doute plus simple en concert que dans un job « normal ». Et j’espère que je pourrais continuer à le faire aussi longtemps que possible.

Taha : Votre musique est justement très positive. Se suffit-elle, pour transmettre cette positivité, ou est-ce que vous envisagez plutôt votre carrière comme un ensemble, ou albums et concerts se marient ?

Sophie : Je pense que c’est exactement ce que tu dis. Notre musique est une partie, plutôt que le tout, de ce que nous voulons faire. Ce que nous voulons communiquer, cet ensemble d’ondes positives, cette énergie qui nous passionne, fait aussi partie de ce que nous créons, et de notre art. C’est cet amour de la vie qui nous a poussés dans cette direction. Et nous adorons voir les gens être eux-mêmes, donc cette cohésion entre musique et concerts est pour nous un tout.

Taha : Je suppose qu’on vous pose la question sans relâche, mais est-ce que vous avez des projets d’albums en cours ?

Tucker : Pas sûr que nous ayons le droit d’en parler. Ce qui est sûr, c’est que nous avons énormément de morceaux encore dormants. Ils sont produits, et même masterisés. Beaucoup d’entre eux ont également des clips vidéos qui sont eux aussi enregistrés, et finalisés. On a simplement hâte de pouvoir les partager avec le public.

Taha : En parlant de vidéo, celle de Fuck They était vraiment délurée. Comment vous est venu le concept ?

Sophie : Pour ce clip, tout est parti d’une soirée où nous étions tous hilares. On parlait, on se lançait des idées plus folles les unes que les autres, nous voulions nous lancer des tasses, nous tenir en laisse, porter des trucs bizarres, sauter et courir partout… Donc on s’est dit « Pourquoi pas », et le réalisateur a adoré le concept au final ! Donc on l’a fait !

Taha : Lorsque vous écrivez vos chansons, d’où tirez-vous votre inspiration ? Vous écrivez ensemble, avant ou après la musique ?

Tucker : En général, on est tous les deux dans une pièce, juste à créer. Ça peut commencer par un poème que Sophie écrit, qu’elle avait écrit, des rythmes que je crée, à la guitare ou à la basse, et elle chantonne quelque chose… Si quelque chose de bien ressort de ces sessions, on le pose à plat et on essaie de lui donner vie.

Taha : Ces sessions créatives sont-elles spontanées et espacées, ou organisées et régulières ?

Sophie : C’est plutôt un processus régulier, voire continu. On travaille toujours, que ce soit sur des chansons ou projets que nous allons sortir ou non. On est entrés dans une dynamique qu’on adore, et qui nous fait vraiment plaisir.

Taha : Est-ce que vous avez eu l’occasion de profiter de Paris, ou même de travailler, en étant ici ?

Sophie : Travailler, non. Et profiter, non plus, à vrai dire. J’étais vraiment excitée à l’idée de manger des kakis ! On n’a pas ce genre de fruits à New-York ! J’aimerais pouvoir me promener dans les rues, et m’inspirer de ce que portent les gens. J’aime bien me poser dans la rue à Paris, et regarder les gens passer. Je me dis à chaque fois que telle ou telle pièce est vraiment cool, et ça me rend envieuse !

Taha : Comment présenteriez-vous votre carrière à vos futurs petits-enfants ? Et quelle fierté tirez-vous de votre carrière ?

Sophie : Je suis fière de ce que nous avons fait. Je veux aussi m’améliorer. Il n’y a aucune limite au niveau que l’on peut atteindre. Et wow… Des petits-enfants… Je pense que j’aurais atteint mon potentiel maximum quand j’aurais 65 ans.

Tucker : C’est ce qu’elle dit tout le temps ! Elle a hâte d’être une personne âgée, aux cheveux grisonnants. [S’adressant à Sophie] Tu seras une grand-mère en super forme physique, à faire du yoga régulièrement.

Sophie : J’ai hâte d’avoir des cheveux gris. 65 ans sera mon âge parfait ! Et maintenant, je me préserve pour être une super femme de 65 ans.

Taha : Qu’est-ce que vous faites, pour vous déconnecter, quand vous sentez que tout est « trop » ?

Sophie : Super question… Je me sens souvent débordée, et facilement. Parce que je suis putain de sensible. Je repars dans mon cocon, je me dissocie, je médite, je fais du yoga, de l’exercice, je lis, je fais des exercices respiratoires, j’écoute de la musique… Parfois, quand j’oublie de faire mes exercices, je ne me sens pas aussi bien.

Tucker : J’ai une sensibilité radicalement différente. Je n’ai pas envie de me déconnecter, j’adore ce qu’on fait. [Sophie hurle « J’adore aussi ce qu’on fait ! »] Quand on a du temps libre, on fait de la musique, et on adore faire ça. Je pense que c’est ce qui me permet aussi de me ressourcer, et de rester créatif, de recentrer mes énergies sur moi-même. J’adore faire du basketball, ou même en regarder. Ça me détend énormément.

Taha : Pour conclure, et changer des questions que vous devez être amenés à entendre régulièrement, j’aurais une requête : posez-vous l’un à l’autre une question qui ne vous a jamais été posée.

[Tous deux sont surpris, et semblent pris au dépourvu. Ils me confieront plus tard qu’ils connaissent tout l’un de l’autre, mais ne savent plus ce qui a déjà été mentionné en interview ou non.]

Tucker, à Sophie : Quelle est la plus grande crainte que tu as, vis-à-vis du rythme de vie que nous avons maintenant ?

Sophie : Je pense que la plus grande crainte que j’aie développée concerne notre santé. Chambouler son cycle du sommeil perpétuellement pèse énormément sur le corps. Je crois que je fais tout ce que je peux pour soulager mon corps, mais on ne se ménage pas. Entre les nuits en bus, dans l’avion, changer de rythme constamment n’est pas excellent pour le corps. En plus, il y a l’adrénaline.

Tucker : Honnêtement, c’est encore plus difficile de faire sans l’adrénaline de la tournée. Nous sommes habitués à la ressentir tous les soirs, au point qu’une fois au lit, nous tombons de sommeil. A contrario, sans, c’est beaucoup plus compliqué.

Sophie, à Tucker : Qu’est-ce que tu penses de mon dessin ?

Tucker : Bof.

En les quittant, je me sens bien. Ces deux jeunes new-yorkais ont accompli tant de choses, vivent leur rêve, et ont encore une longue carrière devant eux. Ils ont récemment sorti une nouvelle mixtape. Vous pouvez les suivre sur Twitter, entre autres.

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