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Rencontre avec Pulled Apart by Horses : « On a décidé de faire ce qu’on voulait et ne pas se prendre la tête »8 min de lecture

Pulled Apart By Horses
18.04.2017 – Paris, La Mécanique Ondulatoire

Ce mardi 18 avril à La Mécanique Ondulatoire dans le 11e arrondissement de notre capitale, le monde s’active autour de quatre anglais aux longues tignasses. Pulled Apart by Horses est un groupe originaire de Leeds (UK) opérant depuis 2008, composé de Tom Hudson (chant, guitare), James Brown (guitare, choeurs), Robert Lee (basse, choeurs) et Tommy Davidson (batterie). Le groupe est déjà bien connu du monde musical et a réalisé les premières parties de groupes très reconnus comme Muse, Biffy Clyro ou encore Foals.

Guitares saturées aux airs de métal, une énergie débordante sur scène, Pulled Apart by Horses est un véritable live band et valent le coup d’oeil. Dans le cadre de la sortie de leur quatrième album intitulé The Haze, que j’ai eu l’opportunité de rencontrer Tom Hudson, le chanteur du groupe, à la chevelure blonde décolorée aux quelques reflets roses. Voici notre échange !

Emma : Merci beaucoup de m’accorder un peu de temps aujourd’hui. Félicitations pour la sortie de votre quatrième album The Haze en mars dernier, c’est très cool. Ce n’est pas la première fois que vous venez à Paris, je crois ?

Tom : En effet, nous avons déjà joué à La Flèche D’Or à peu près 3 ou 4 fois je pense, ainsi qu’au Trabendo et d’autres salles lorsque nous étions en première partie d’autres groupes.

Emma : Ainsi, tu aimes Paris ?

Tom : Oh oui j’adore, j’étais très content aujourd’hui car j’ai eu assez de temps pour me balader. Je suis allé dans des cafés vers Bastille, c’était cool.

Emma : Oui, c’est un chouette quartier par ici ! Je dois t’avouer que c’est la première fois que je vais assister à un show de Pulled Apart by Horses, j’ai hâte.

Tom : J’espère qu’on va assurer alors. C’est hyper serré, ça me fait penser aux Beatles !

Emma : Carrément. Dans une récente interview, vous avez expliqué que The Haze était un album de retour aux sources, vous vouliez retrouver le son que vous aviez auparavant dans vos premiers albums. Pour cela, vous vous êtes coupés du monde et vous êtes allés au Pays de Galles pour écrire l’album, en quoi ce retrait vous a t-il aidé dans la création de l’album ?

Tom : Oui, quelque chose de plus instinctif ! En réalité, ça nous a permis d’être davantage concentrés. Il n’y avait aucune distraction là-bas, pas de connexion internet, pas de réseau, on était en pleine cambrousse dans une ferme. On avait déjà quelques idées niveau mélodie avec des lignes de guitare, mais nous n’avons pas trop réfléchi. Les deux premiers jours, on a été complètement barjes, on n’a rien écrit, on s’est juste bourré la gueule tout en installant le matériel. Mais après on s’est dit qu’il fallait pondre un truc  et c’était parti.

Emma : Donc j’imagine qu’ensuite l’album en a découlé plutôt rapidement ?

Tom : Exactement. On était tous dans le mood de vouloir faire de la musique. Nous sommes repartis sur Leeds ensuite, dont nous sommes originaires, pour faire des répétitions. On y a écrit quelques chansons qui manquaient et l’album était prêt.

Emma : C’est un album dont vous êtes particulièrement fier ?

Tom : Oui ! Avec le premier album, il n’y a aucune pression car personne ne vous connaît et sait ce que vous faites. Il n’y a aucune histoire donc on ne s’inquiète pas trop mais maintenant c’est notre quatrième album et tout le monde a une opinion sur nous. On n’a pas vraiment écouté ce que disaient les gens sur nous, on a décidé de faire ce que l’on voulait faire et ne pas trop se prendre la tête. C’était très instinctif.

Emma : Vous avez vraiment écrit pour vous et juste pour vous.

Tom : Totalement. Et quand j’écoute l’album, je me dis « Ouais je suis fier de ce qu’on a fait ». Si les gens aiment tant mieux, si non, fuck them.

Emma : Justement, quelles sont les réactions de vos fans ? Vous êtes en tournée, vous pouvez davantage observer leur réactivité.

Tom : Elles sont plutôt bonnes en fait ! Tu es toujours nerveux quand tu sors un album, « Merde et si les gens n’aiment pas, on fait quoi ? » mais cette tournée se passe hyper bien, les gens sont contents donc c’est cool.

Emma : Et vous avez des fans fidèles, que vous retrouvez parfois sur plusieurs dates ?

Tom : Absolument, t’as gens qui viennent me voir sur cette tournée, pour me dire qu’ils sont fans depuis nos débuts (2008) ! Tu en as même qui me disent : « La première fois que je vous ai vu j’avais 13 ans, vous êtes le premier groupe que j’ai vu en concert ! ». Ils étaient plus jeunes et de les voir là avec nous aujourd’hui, ça fait bizarre mais ça fait chaud au cœur. Ca fait toujours du bien de les revoir. On reconnaît certains visages lorsqu’on revient dans des endroits dans lesquels on a déjà joué, on en profite pour boire une bière ensemble. C’est super de pouvoir rester proches d’eux et entretenir ce lien qu’on a. Ca compte pour nous.

Emma : Absolument. Vous avez également une belle saison festivalière cet été qui arrive, est-ce que tu préfères performer dans des lieux plus intimes comme par exemple La Mécanique Ondulatoire ce soir à Paris, ou l’atmosphère dans des gros festivals avec beaucoup de spectateurs ? Je sais que c’est totalement différent.

Tom : Je pense que les deux sont cool. Mais personnellement je préfère les lieux plus intimes, quand on peut voir le blanc des yeux des gens. On ressent plus un sentiment d’être ensemble et ça ne marche pas avec les gens qui se trouvent à des kilomètres de toi. Mais les festivals sont top parce que les gens ne vont pas forcément te regarder. Ils vont juste se balader et aller de groupe en groupe. Certains passeront devant notre scène et ils se diront « Oh ça a l’air cool, je vais aller écouter tiens ! » et ça c’est super parce que ce sont des gens qui ne nous écoutent pas forcément en général mais qui vont checker ce qu’on donne sur scène.

Emma : Est-ce que dans ces cas vous avez moins de pression ou au contraire plus ?

Tom : Ca dépend. Quand on a joué au Leeds Festival, c’était énormément de pression car on vient de là-bas. Pour nous c’était le Saint-Graal de performer ici car on avait l’habitude d’y aller plus jeune pour écouter nos groupes préférés. Donc de jouer sur cette scène, c’était formidable pour nous. C’était très excitant mais je t’avoue que je ne m’en souviens pas trop, ça a duré 2 secondes. Quand t’es sur scène, ça défile très vite et à peine tu es monté sur scène que tu dois descendre. Mais j’ai adoré.

Emma : C’est cool. Maintenant, j’ai quelques questions un peu plus fun ! Est-ce que tu parles un peu français ?

Tom : Non, vraiment pas…

Emma : Même pas un petit mot ?

Tom : Hum… La piscine ? Gérard Depardieu (un peu plus difficile sur les R), j’ai du mal à faire le son du « rrr » comme vous les français. J’aurais adoré apprendre le français, c’est une si belle langue. Quand t’entends les gens le parler, même si tu ne comprends pas ce qu’ils disent, c’est comme si quelqu’un chantait ou récitait un poème.

Emma : C’est super gentil, je m’en souviendrai. Est-ce que tu as un guilty pleasure song ?

Tom : Hum… J’ai un gros plaisir coupable pour la chanson One Thing d’Amerie. Mais je ne sais pas si c’est vraiment un guilty pleasure song, peut-être n’est-ce pas assez guilty…

Emma : Ok je prends ! Et y a t-il un artiste que tu conseillerais d’écouter ? Bien sûr Pulled Apart by Horses mais autre chose…?

Tom : Ty Segall. Il est vraiment incroyable, il nous inspire beaucoup. On l’a vu 5 ou 6 fois sur scène car il est dans différents groupes. Je pense aujourd’hui qu’il est difficile pour un groupe d’émerger et faire un impact car il y a tellement de groupes et de styles différents. Mais Ty Segall réussit à faire plein de choses, il change, ses albums ne sont jamais les mêmes. Il est très impressionnant, il fait son propre truc, il n’a aucune musique de lui sur Spotify, le seul moyen de l’écouter c’est d’acheter ses disques ou d’aller le voir en concert.

Emma : C’est une légende effectivement. Une dernière petite question Tom : ici à Dust of Music, nous avons la tradition de faire dessiner nos invités. Le nom de ton groupe est Pulled Apart by Horses, et ce que je te propose, c’est de l’illustrer.

Tom : Je me trouve plutôt chill sur le dessin. 15 doigts, pas de cou,… Oups, y a un cheval qui est un peu handicapé.

Emma  : T’es plutôt doué ! Je pense que c’est le meilleur dessin qu’on ai eu à Dust of Music. Merci beaucoup Tom pour ton temps, hâte de vous voir sur scène ce soir.

Tom : Pas de problème. A plus tard !

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