Albums Reviews

Lust for Life de Lana Del Rey : le changement qui fait du bien6 min de lecture

Lana Del Rey a longtemps teasé son nouvel album, intitulé Lust For Life. Après avoir publié plusieurs singles, de styles différents, l’artiste revient sur le devant de la scène avec son 5ème opus. Un rythme effréné pour une carrière à succès. Que nous réserve ce nouvel album, et pourquoi était-il nécessaire ?

 

Lust For Life

Lust For Life, ou « envie de vivre ». Paru le 21 juillet, la chanteuse Lana Del Rey publie son cinquième disque. Mais pourquoi ce titre ? Lana Del Rey a souvent fait face à des détracteurs qui lui reprochaient d’être trop négative, déconnectée de la réalité, ou même d’idéaliser des relations toxiques, voire abusives. La chanteuse évolue, son public aussi. Malgré des titres que nous connaissons tous, tels que Video Games, elle a toujours fait part de ses expériences. Mais toutes ne sont pas négatives, fort heureusement. Ainsi, après avoir affronté de vives critiques, et s’être entretenue avec son idole Stevie Nicks, Lana a décidé de montrer une autre facette d’elle-même, plus positive. Dès lors, les avis furent tranchés : on aime sa moue triste, son air nonchalant et ses rythmes tristes. A-t-on vraiment envie de faire la fête sur du Lana Del Rey ?

Love

L‘album s’ouvre sur Love, un des premiers singles qu’elle avait publiés. Le morceau impose dès lors le ton : place à l’amour, et à un regard plus positif sur l’univers environnant, les relations, et le rapport à soi-même. Pas question néanmoins de faire la fête : la patte Lana Del Rey est présente. Ainsi, lourds tambours, rythme lascif et voix basse sont à l’honneur, nous ne sommes pas dépaysés. Il est cela dit très agréable d’entendre parler – ou plutôt chanter – Lana de choses positives. Garder espoir, telle est la devise.

Le morceau suivant n’est autre que Lust for Life, titre éponyme que nous vous avions présenté en avril. En collaboration avec The Weeknd, dont l’amitié est publique depuis plusieurs années déjà, le titre nous transporte et nous fait entrer dans l’univers plus lumineux et aérien de cet album. Leurs voix éthérées s’unissent, et laissent place au reste de l’album.

13 Beaches, Cherry et White Mustang : une voix

Lana Del Rey n’est pas une chanteuse-performeuse-danseuse-etc. Elle est une chanteuse à voix, et sait que ses fans raffolent de titres dénués d’artifices. Sur son album Ultraviolence, Old Money avait conquis. Ici, Lana s’ouvre et se livre, au travers de titres empreints de son éternelle touche rêveuse : 13 Beaches, Cherry et White Mustang sont des titres phares de l’album. Grâce à des montées et descentes dans les tons, Lana Del Rey charme, et nous rappelle que sa voix n’a pas besoin de clips, d’esthétique ou d’artifices pour lui promettre une place parmi les meilleurs artistes à voix de ces dernières années. Lust For Life est radicalement différent, et les premiers morceaux nous plongent dans une plénitude que l’on n’associait pas forcément à Lana Del Rey.

Lust For Life : un album varié

Les titres s’enchaînent, mais ne se ressemblent pas. La chanteuse a réussi le délicat pari de faire cohabiter des morceaux à la production simple et des morceaux plus travaillés, voire aux antipodes de ce à quoi Lana nous avait habitués. Ainsi, lorsque démarre Summer Bummer, la surprise est de taille. Nous connaissions le morceau, qui avait déjà été dévoilé il y a quelques mois, mais restons étonnés. Lana est ici plus assurée, et nous chante une relation dans laquelle elle est en position de force. Une nouveauté pour elle, qui avait été accusée de ne pas être féministe, pour sa dépiction de ses précédentes relations. Suit alors Groupie Love, que nous connaissons également. Toujours positive, Lana nous enjoue et nous convainc dans un exercice de style qui semble délicat.

Vient ensuite In My Feelings, où la chanteuse est clairement de nouveau en position de force, et met à la porte son compagnon. Un album résolument différent !

Un engagement et une positivité bienvenus

Toujours branchée nostalgie, Lana nous a préparé un album à son image : Coachella – Woodstock In My Mind, ainsi que God Bless America, When The World Was At War We Kept Dancing (WTWWAWWKD, c’est long…), où les rythmes sont légers, gais, et les textes résolument positifs. Une implication politique fait également son entrée, ce qui est une grande nouveauté pour la chanteuse. Affectée par l’élection du nouveau président Américain, Lana Del Rey avait signalé qu’elle se sentait obligée de prendre partie, et qu’elle n’était pas prête à discuter avec ses partisans. Une prise de position que nous apprécions ! Ainsi, When The World Was At War We Kept Dancing est un de ses morceaux les plus engagés, dans lequel elle répète «Is it the end of an era, is it the end of America ?», une question évidemment ancrée dans l’actualité.

Du changement en vue

Lana Del Rey veut changer, et nous le fait savoir. Lust For Life est un album long, mais dont nous voulons encore. Le titre Beautiful People Beautiful Problems, sur lequel elle chante en chœur avec son idole Stevie Nicks, nous fait prendre de la distance, et adopter un point de vue bien plus large que le nôtre : qui sommes-nous, que sont nos problèmes et quelle valeur ont-ils à une échelle plus globale ?

Vient ensuite Tomorrow Never Came, en collaboration avec Sean Lennon, fils de John et Yoko Ono. Similaire dans ses textes et rythmes à ses plus anciens titres, Lana Del Rey livre un morceau simple, agréable, abordant les relations de manière plus pure et positive. Ce changement de regard nous amène à nous demander comment nous avons pu faire sans !

Lust For Life : une clôture superbe

L‘album se clôt sur trois morceaux résolument ancrés dans cette nouvelle vision que veut nous partager l’artiste : Heroin, Change et Get Free. Ainsi, Heroin, de manière assez transparente, traite de la façon dont Lana a pu échapper à ses problèmes, ou les confronter, et comment. Sa voix s’envole, les chœurs résonnent, tandis que de lourdes basses nous rappellent que ce passage, supposé ou réel, qu’elle a pu connaître, n’est pas positif. «I’d be lying if I said I wasn’t sick of it».

Enfin, arrivent les superbes Change et Get Free. Lana en appelle à la capacité de se mobiliser des gens, et à créer du changement : l’union ferait-elle la force ? De même, Get Free sonne le glas. Sorte de manifeste chanté, l’artiste clame sa volonté de voir les choses différemment. Où aller ? Comment voir les choses ? Sortir de l’obscurité, et voir le jour, on adhère et on en redemande ! La chanteuse nous aura charmés, avec une voix maîtrisée, et une production léchée. À écouter tout l’été !

 

Note : 5/5
Très amplement mérité.

You Might Also Like

2 Comments

  • Reply
    Marie
    14 août 2017 at 11 h 02 min

    Lana Del Rey <3

  • Reply
    Elodie
    14 août 2017 at 11 h 36 min

    Il faut dire que son album est génial !!

  • Leave a Reply