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Le sacre de Phoenix à l’AccorHotels Arena7 min de lecture

Phoenix

Il y a 4 mois à peine, on découvrait le sixième album studio des Français PhoenixTi Amo. Au bon gout d’Italie et de ses saveurs, il a ensoleillé notre été plutôt maussade sur Paris. En pleine tournée Européenne, il était évident que notre belle capitale accueille à bras ouvert ses quatre héros Versaillais pour un concert d’anthologie. Et quoi de mieux que la mythique salle de l’AccorHotels Arena pour ce retour aux sources ? 

Les quatre membres de Phoenix ont décidé de combler leur public en embarquant à leurs côtés les jeunes Australiens de Parcels, nouvelle sensation pop funk de cette année 2017. En effet, signé sur le label Kitsuné, les 5 garçons de 20 ans avaient fait sensation lors de leur passage à l’Inrocks Festival, après la sortie de leur EP Hidehout. C’est simple, tout le monde parle d’eux. Du magazine Les Inrocks à celui du NME, en passant par l’émission QuotidienParcels est sur toutes les lèvres.

Les Australiens de Parcels en première partie de soirée

Le groupe, qui a troqué les plages de Byron Bay pour le dynamisme de Berlin, afin de se consacrer entièrement à leur musique, à également réussi son coup de com en s’associant avec Daft Punk. En effet, les DJ Français les plus connus de la planète figurent dans les crédits du single OvernightDaft Punk suivi de Phoenix, autant dire que ces jeunes hommes savent très bien s’entourer. Mais même si leurs fréquentations sont à envier, c’est surtout leur talent qui fait leur notoriété.

C‘est donc pendant 40 minutes de set que Parcels offre sa pop groovy et joyeuse pour chauffer le public de l’AccorHotels Arena ce soir. Pas mal de personnes dans le public semblent déjà initiées aux sons très 70’s/80’s du groupe, en témoignent les cris euphoriques de certains en début de chansons.

Les cinq jeunes hommes, eux, semblent être ravis d’être là et de prendre un réel plaisir à jouer devant nous ce soir. Ils sourient, ils remuent leurs longs cheveux et dansent en rythme. Leur look, en total raccord avec leur son, leur va d’ailleurs si bien. Ils semblent également impressionnés de jouer devant une foule aussi compacte, au son de leurs voix un peu tremblotantes lorsqu’ils s’adressent à nous. Visiblement, jouer à Paris leur tenait à cœur et ils n’ont point été déçus. Ils en profitent pour annoncer leur retour, en tête d’affiche cette fois-ci, le 13 novembre prochain à La Cigale. Aucun doute qu’ils feront salle comble lorsqu’on constate les mines réjouies de la fosse à la fin de leur performance.

Une scénographie à couper le souffle 

Après 30 minutes d’intervalle, les quatre garçons de Phoenix font enfin leur entrée sur scène avec l’excellent J Boy, premier single de leur dernier opus. La foule est aussitôt transportée. Une des premières choses que l’on remarque sur cette scène de l’AccorHotels Arena, c’est ce gigantissime miroir disposé en diagonale à l’arrière de la scène, qui offre une profondeur et une réflexion à couper le souffle. En effet, les silhouettes de Thomas Mars et ses camarades nous apparaissent ainsi dédoublées, accompagnées de jeux de lumières et d’animations hallucinantes. On en prend plein les yeux, et effectivement le spectacle est aussi bien sonore que visuel.

Côté sonore, le groupe a mis en place une setlist mettant en avant tous les meilleurs morceaux de leur carrière. Chacun des albums de United à Bankrupt!, en passant par le très apprécié It’s Never Been Like That, a très bien été représenté. Le début du concert est marqué par l’interprétation successive de quelques uns des plus gros succès. Les premières notes de Lasso transcendent le public, et l’enchaînement de Liztomania et Trying To Be Cool ne fait que renforcer la fièvre dansante s’emparant de la fosse.


Le petit dernier Ti Amo est également très bien mis en avant avec les morceaux Role Model, Lovelife et Tuttifrutti joué pour la première fois en live ce soir la.

Un concert placé sous le signe de la joie

Les morceaux s’enchaînent et la bonne humeur environnante se propage aux quatre coins de la salle. Certains résistants dans les gradins restent vissés sur leur siège, et on se demande bien comment ils font. De notre part, on ne se prive pas de danser, sauter et chanter à pleins poumons sur Consolation Prizes et Long Distance Call.

Un des meilleurs moments de la soirée sera sans doute la performance de Ti Amo, titre éponyme de l’album, et également dernier single du quatuor. Il est en effet très difficile de rester impassible face à ce titre frais et accrocheur. If I Ever Feel Better fait également l’unanimité. Rome, qui suivra, voit défiler sur le miroir géant des images du château de Versailles, en hommage à la ville d’où sont originaires les garçons. Un jeu de perspective fait aussi, durant les dernières minutes  du morceau, qu’on admire Thomas Mars assis au sommet d’une tour de marbre. On vous avait prévenus que la scénographie était à couper le souffle.


Après ce morceau, les garçons disparaissent de la scène pour le rappel, sous les cris hystériques du public. C’est avec des guitares acoustiques que Deck D’Arcy et Laurent Brancowitz reviennent, pour nous offrir une très belle version de leur titre Goodbye Soleil issu de leur dernier album. Le concert reprend ensuite son dynamise avec le très bon Telefono où Thomas déambule sur scène avec son téléphone rouge rétro.

Une ovation bien méritée

Tout le monde le sait, il ne reste alors qu’un seul grand titre de Phoenix qui n’a pas encore été joué, celui que tout le monde attend avec impatience. Il s’agit évidemment de 1901, qui nous achève de bonheur. On s’empresse de scander le plus fort possible ces « hey hey hey » et « falling falling falling » du refrain. On espère que le moment dure pour toujours. Et pourtant, la musique finit par s’estomper et les lumières s’éteignent.

Mais il n’est pas encore tout à fait l’heure de rentrer chez soi. En effet, les premiers accords de Ti Amo se refont entendre, et un faible faisceau lumineux en plein milieu de la fosse nous montre un Thomas Mars triomphant, debout au dessus de la foule. Il salue fièrement et fou de joie ses fans qui l’acclament.  À plusieurs reprises, il se laisse également avancer, porté à bouts de bras, pour se diriger un peu plus vers la scène. C’est un très beau final dont nous sommes témoins ce soir-là. D’un coté, un groupe au succès international qui fait son grand retour à la maison et nous offre une performance à couper le souffle. De l’autre, un public motivé qui est venu en masse montrer son soutien et sa fierté de compter parmi ses rangs une formation aussi talentueuse.


Les années de carrière n’auront donc rien retiré au talent de Phoenix qui continue de nous offrir des compositions et des performances tintées de dynamisme, d’amour et d’euphorie. Ils ont toujours exprimé leur volonté de faire de la musique qui rend avant tout heureux, et le pari est plus que réussi. Si vous regrettez d’avoir raté ce beau moment, Culture Box et La Blogothèque sont là pour vous consoler. En effet, la performance entière du groupe est disponible sur leur site.

Setlist

J-Boy
Lasso
Entertainment
Lisztomania
Trying To Be Cool/ Drakkar Noir
Role Model
Lovelife
Tuttifrutti
Consolation Prizes
Girlfriend
Sunskrupt !
Long Distance Call
Ti Amo
Armistice
Rome
—————————————————–
Goodbye Soleil
Telefono
Fior Di Latte
1901
Ti Amo Di Piu

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2 Comments

  • Reply
    Elodie
    11 octobre 2017 at 9 h 06 min

    Super chronique Jessica

    • Jessica
      Reply
      Jessica
      14 octobre 2017 at 10 h 44 min

      merci beaucoup

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