Live Reports

Le raz de marée de Circa Waves à La Maroquinerie7 min de lecture

Circa Waves. 13.04.3017
La Maroquinerie. Paris.


I
l y a de ça deux semaines maintenant, je vous entonnais les louanges du dernier album Different Creatures des Anglais de Circa Waves. Et je vous conseillais aussi de vous rendre dans le 20ème arrondissement parisien le 13 Avril dernier, plus précisément à La Maroquinerie, où les garçons larguaient l’amarre de leur actuelle tournée Européenne. Si vous n’avez pas suivi mes précieux conseils, sachez qu’il est encore temps de vous rattraper avec ce live report, qui vous raconte en détail cette soirée Rock’N’Roll bien arrosée.

Avant de pouvoir applaudir avec ferveur les 4 Liverpuldiens, c’est en compagnie de INHEAVEN que commence cette soirée. Nous avions déjà eu l’occasion d’entrevoir le quatuor Londonien sur scène lors du dernier passage de Jamie T au Trabendo, et je dois bien avouer qu’ils n’avaient malheureusement pas réussi à me convaincre. C’est sans grand enthousiasme de ma part que le groupe fait son entrée sur le titre Inheaven (dont il tire évidemment leur nom) présent sur la BO du film Eraserhead de David Lynch.

Le set démarre avec All There Is, un des morceaux les plus pop du groupe. On déplorera un son particulièrement mauvais avec notamment une batterie couvrant le chant la plus grande partie du temps. Cela n’a pas de quoi dégonfler James Taylor, chanteur guitariste du groupe, et ses acolytes, qui nous délivreront tout de même un set de qualité. Ils peuvent d’ailleurs compter sur leurs quelques fans présents ce soir la pour assurer l’ambiance. Niveau setlist, avec seulement quelques EP a leur actif, INHEAVEN nous a récompensé avec quelques morceaux inédits tels que Vultures et World On Fire. Nous avons eu également droit aux morceaux désormais connus du groupe tel que Treats, qui donne le micro a la bassiste Chloé Little, ou encore Regeneration qui a fait la renommée de la formation.

Il faut bien avouer que le groupe a quand même fort bien réussi le pari de mélanger pop et grunge, et d’en sortir des titres percutants et corrosifs, à la limite du punk ; une recette gagnante étant donné qu’ils sont considérés comme un des meilleurs nouveaux groupes Anglais depuis quelques mois maintenant. Leur audace de partager le micro, alternant les titres entre la voix new-wave de James et celle plus tranchante et logiquement plus haut perchée de Chloé, portent également leurs fruits. Ils convient aussi de souligner le charisme de ces deux protagonistes, que ce soit par la dégaine résolument bad boy rock et les hair flip du garçon, ou la longue chevelure blonde et le sourire ravageur de la jeune femme ; INHEAVEN ne laisse personne indifférent. D’ailleurs, après avoir suivi Circa Waves sur plusieurs dates de leur tournéeau cours de cette dernière semaine, sachez que ma première impression, plutôt mauvaise, du groupe s’est totalement évaporée. En effet, ils ont su me surprendre et se surpasser à chacune de leurs prestations, prenant de plus en plus d’aisance face à ce nouveau public à conquérir.

C‘est avec presque trente minutes de retard sur l’horaire initial, que le noir complet s’installe et que les premières notes du riff ravageur de Wake Up, premier extrait de leur second album, envahissent la salle de La Maroquinerie. Les quatre garçons de Circa Waves font leur entrée et empoignent leur instrument avant de se lancer avec une énergie frémissante dans leur morceau. Le public est plus que réceptif et les premiers mosh pit séparent violemment la fosse de la petite salle Parisienne. Après un enthousiaste  »Hello Paris » de la part de Kieran Shudall, le groupe enchaîne sur un trio gagnant de succès de leur premier album (Get Away, Young Chasers, Lost It), qui provoque l’excitation du public.

Niveau setlist, équité parfaite entre morceaux du dynamique Young Chasers et le sombre Different Creatures avec chacun 7 chansons à leur actif. En parlant de Different Creatures, le chanteur introduit leur dernier single Goodbye comme prochain morceau, en le dédicaçant au public parisien très en forme ce soir. Son interlocution est ponctuée par un gigantesque sourire et un « show me you can move » malicieux. Il n’en faut pas plus aux fans présents dans la fosse pour se lancer dans un amas gargantuesque de corps qui s’entrechoquent, qui se propagera sur les titres suivants.

Après un festif Fossils, et un efficace Stuck, et son enivrante ligne de basse signée Sam Rourke, le groupe détend l’atmosphère sur le sublime Out Of My Own. Nos corps endoloris par les pogos ont enfin le privilège de se reposer quelques instants. On ne peut pas en dire autant pour nos cordes vocales qui s’époumonent pour accompagner au chant. Bien différent de tous les autres morceaux du quatuor, Out Of My Own se démarque par son texte profond et sa composition digne des plus grandes ballades.

Les quelques accords résonnant sur la Gibson de Mr Shudall, annonciateurs de la fin du répit, soulèvent des vagues d’émois parmi l’audience. On l’aura tous reconnu, il s’agit bien sur de l’introduction de leur premier tube Stuck In My Teeth. Tout sourire suite à cet emballement, le jeune homme joue avec la patience du public en reproduisant de nouveau ces quelques notes ; nouvelle salve de liesse. Il nous demande ensuite de l’accompagner sur un premier couplet Acapella. La célèbre phrase « I got you stuck in my teeth«  scandée à l’unisson, résonne alors dans l’enceinte de la petite Maroquinerie, tel le tonnerre foudroyant par une humide soirée d’été. D’ailleurs, la chaleur et l’électricité régnantes dans l’air renforcent la comparaison. A ce moment précis, Joe Falconer dégainant sa guitare pour entamer son riff incisif, c’est un peu comme la pluie salvatrice attendue a chaque orage ; un moment d’extase et de délivrance. Ces centaines de corps compressés ne forment plus qu’une masse uniforme sautillant et s’époumonant au rythme de la chanson. On chante, on crie, on transpire, on s’essouffle et que c’est bon. Même scène d’ébullition quand vient le moment de My Love qui clôture cette première partie de set. Les quatre garçons disparaissent par le côté de la scène, laissant évidemment la foule déchaînée sur leur faim.

Quelques minutes de rappel et Colin Jones réapparaît enfin derrière sa batterie et se lance dans l’introduction de Fire That Burn, aussitôt suivi par Sam a la basse, et les deux guitaristes. Ces minutes de répit n’ont visiblement rien entaché a l’énergie du groupe, ni a celle du public ; L’exaltation est toujours la même des deux côtés de la scène. Toute bonne chose a évidement une fin, et on sent bien que celle de ce concert est proche lorsque Kieran attrape le micro pour remercier une fois de plus le public Parisien, qui s’est déplacé ce soir, et son énergie débordante. Il conclut son discours en affirmant qu’ils viennent de vivre le meilleur concert de leur carrière dans notre capitale ; Nous n’aurions pu dire mieux. Colin monte alors sur sa batterie et commence a frapper dans ses mains ; les fidèles savent pertinemment de quoi il en retourne et s’empressent de l’imiter.

Les premiers accords de leur tube Tshirt Weather se font entendre, repris en chœur par le public. L’excitation grandissante au creux de chaque ventre suit ce rythme qui monte en puissance et en intensité, et dans un dernier effort nous nous lançons dans un ultime mosh pit, plus puissant, plus violent, plus jouissif. On s’efforce a sauter toujours plus haut, se percuter toujours plus fort, rendre le moment plus euphorique, pour le faire perdurer encore et encore, et faire résonner pour quelques minutes, quelques secondes encore ces simples mots « It’s gonna be okay » sur lesquels on s’est égosillé, avant que les lumières se rallument, et la réalité nous rattrape.

Setlist


Wake Up
Get Away
Young Chasers
Lost It
Goodbye
Fossils
Stuck
Out On My Own
Stuck In My Teeth
Different Creatures
A Night On A Broken Tiles
My
Love
—————————————————–
Fire That Burns
Tshirt Weather

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