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Augustines, un au revoir émouvant5 min de lecture

Augustines. 10.10.2016
La Boule Noire. Paris
L‘année 2016 aura, malheureusement, vu la fin de nombreuses carrières musicales. On a encore en tête la disparition de certaines icônes, ainsi que la douloureuse déclaration de The Maccabees, il y a quelques mois maintenant, mettant fin a leur formation, brisant ainsi le coeur de milliers de fans.
Le groupe Augustines (précédemment appelé We Are Augustines) n’échappe pas à cette hécatombe. En effet, les New Yorkais avaient annoncé, le mois dernier, la fin de leur voyage musical après 6 ans de carrière. Cependant, hors de question pour eux d’abandonner leur public comme ça ; Une tournée mondiale d’adieu est actuellement en cours afin de proprement dire au revoir à leurs fans aux quatre coins du globe. Heureusement pour nous, cette tournée faisait un crochet par Paris, le 10 Octobre dernier a La Boule Noire.
Nous devons bien l’admettre; Ce qui nous a principalement donné envie d’assister à ce concert, c’est le groupe annoncé en première partie. Composé de trois garçons, tous originaires de Glasgow, Fatherson nous a séduit, depuis un certain temps, avec leur Indie Rock, à la frontière avec le Folk.
Amateurs de groupes tels que Frightened Rabbits, Bear’s Den ou encore Band Of Horses, nous vous conseillons fortement l’écoute de leur second album Open Book.
Le RV est donné étonnamment tôt, ce soir la, à La Boule Noire. En effet, les Ecossais entrent en scène à 19h15, montre en mains, devant une salle quasiment vide. Pas de quoi dégonfler les garçons qui nous délivrent une performance sans fautes. La voix de Ross Leighton, déjà remarquable en studio, impressionne par sa force et sa justesse en live. Visiblement, nous ne sommes pas les seuls a apprécier. Plusieurs groupes de fans semblent avoir fait le déplacement spécialement pour eux. Après 40 minutes de set, Fatherson quitte la scène sous les applaudissements plus que chaleureux du public.
Les gens ayant afflué au cours du set de Fatherson et pendant l’entracte, c’est devant une petite foule (la salle n’était pas complète ce soir la, et c’est bien dommage) que démarre le clou de la soirée. 
Le chanteur Billy Mc Carthy et le bassiste Eric Sanderson, les deux membres fondateurs du groupe Augustines, débutent leur show avec The Avenue. Bientôt rejoint par leur batteur Rob Allen et leur trompettiste, c’est un concert comme il nous rarement été donné de voir que nous offre le groupe.
C‘est pas faute d’avoir souvent entendu parler qu’Augustines était un bon groupe de Rock dont les performances live étaient impressionnantes; Nous avons eu la preuve ce soir là, qu’ils faisaient effectivement partis des meilleurs. Pendant plus de trois heures (on comprend mieux maintenant ce début de concert relativement précoce), ces Américains nous ont offert un show intense et généreux, nous menant de l’éclat de rire, aux larmes de tristesse, en passant par l’émerveillement devant les prouesses vocales et instrumentales de Billy et ses acolytes.
Ponctuant chaque début de chansons par des anecdotes, Billy Mc Carthy instaure une véritable complicité avec le public qui rigole a gorges déployés a chacune de ses interventions, plus hilarantes les unes que les autres. Le groupe est extrêmement généreux, et son audience lui retourne, très volontiers, la pareille a en entendre les multiples déclarations d’amours criées par certains fans présents dans la salle. A leur grande surprise, le groupe se voit même offrir des morceaux de saucissons secs par un jeune homme présent dans la foule. Le groupe s’amuse aussi ; en témoignent leurs mouvements de danse, les immenses sourires s’affichant sur leur visage, et ces blues improvisés tout au long du set.
Au terme de 1h45 de concert, le groupe se retire enfin, afin de se faire acclamer par une foule en délire réclamant bien évidemment un rappel en bonne et du forme.
C’est Eric Sanderson qui remonte seul sur scène, pour un discours des plus émouvant, sur lequel nous aurons d’ailleurs versé une petite larme. Il y évoque les différentes tournées, et comment, nous en tant que spectateur, avons contribué aux années de bonheur de ce groupe, par nos danses, nos cris de joie, nos embrassades, et même nos larmes parfois. Eric nous rappelle que la musique est avant tout un échange entre l’artiste et son audience ; et que l’un sans l’autre ne rime a rien.
Mais l’humour et la bonne humeur des membres ne reste jamais loin, car c’est par une séance collective de respiration que le concert se poursuit.
Annonçant, chaque chanson suivante comme leur dernière, c’est au bout de 50 minutes de rappel que le concert prend définitivement fin. C’est sous un tonnerre de cris et d’applaudissements que le groupe remontera de nouveau, sur scène pour saluer, une ultime fois, ses fans Français. Lorsque les lumières se rallument, le public parisien réalise progressivement que pour le coup c’est vraiment LA fin, et c’est avec la gorge et le coeur serré, qu’il repart avec ce dernier souvenir d’Augustines, absolument mémorable.
L‘aventure Augustines n’est pas encore tout a fait terminée ; En effet, grace à leur ami de longue date Tom Howe et leurs nombreux fans, ayant financé le projet, un film documentaire retraçant l’histoire du groupe en tournée, devrait voir bientôt le jour.

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